Présentation de Sophie Pujas, Possibles n° 13, revue de poésie en ligne

Présentation de Sophie Pujas
la contemporaine de ce Possibles, n° 13

Un jour, elle avait disparu, simplement pour voir si quelqu’un partirait à sa recherche.
Personne
. — Sophie Pujas, Maraudes, (2) Rue de la Lune

Marc Villemain
Sophie Pujas, Maraudes

J’avais été impressionné par le premier livre de Sophie Pujas, Z. M., paru dans la très jolie collection que dirigeait J.B. Pontalis, à la fois portrait et récit très sensible de sa relation à la peinture de Zoran Music. C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé dans Maraudes, en plus des coins et recoins de Paris, ceux d’un univers fragile, grâcieux, un brin nostalgique quoique sans la moindre désuétude, servi par une écriture souvent remarquable, précise, douce et impressionniste.
Être ou ne pas être parisien, voilà qui, pour le lecteur, ne change pas grand-chose. Car s’il s'agit bien d'arpenter la capitale et d’y marauder quelques sensations, l’œil de l’écrivain est ici notre seul viatique. Or la beauté de ce livre.… — Continuer la lecture

Pierre Perrin
Sophie Pujas, Maraudes

L’exergue choisi pour cet ouvrage, sous-titré « récit », donne une précieuse indication : « De mes états d’âme, la neige est celui que je préfère. » C’est de Jules Renard, dans son Journal. C’est primesautier, un peu taquin. En fait, la métaphore installe un paysage et surtout partage le monde en deux. Sous la neige, sous les pages du récit, la dure réalité ; en superficie, la perfection du style. Sophie Pujas sait regarder la capitale, dont elle emprunte les boulevards et plus encore les ruelles, pour conférer un territoire à son récit, mais plus encore l’intérieur… — Continuer la lecture

Pierre Perrin
Ce qu’il reste de nuit, Lokiss, un portrait

Cette monographie, c’est autant une détonation. La détonation, c’est la définition que Sophie Pujas prête à une idée. « L’homme, en meute, est une brute ». Cet ouvrage, évidemment, aligne mille sous-munitions. C’est écrit, le doigt sur la gâchette, à la vitesse d’un éclat de bombe, ou peu s’en faut. Le paragraphe fait plus souvent une ligne qu’il n’en contient dix. Trois axes de lecture s’entremêlent en permanence. Le premier dit le parcours, violent, cahoteux, chaotique, d’un petit-bourgeois, né en 1968. L’adolescence va le transformer, de la racaille à la bataille, en un révolté… — Continuer la lecture

Sophie Pujas
Z. M., Postface de Jean Clair, Collection L’un et l’autre, Gallimard

« Il ne s’y attendait pas. Et, à vrai dire, il n’y tenait pas. Toutes ces années à fuir, à se draper dans les brumes feutrées de Venise, dans des cathédrales vaporeuses, dans des femmes qui ressemblaient à des paysages. Et ils étaient là. Suppliciés, implacables. Un jour il avait pris son crayon et ils étaient là. Le trait s’était déployé, la mémoire avait repris le pouvoir, l’avait guidé, avait tenu sa main selon la logique impitoyable des cauchemars. Les visages… — Continuer la lecture

Pierre Perrin, pour ce choix de présentation, le 10 septembre 2016

Découverte : François Laur —>

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